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Résumé de l'Œuvre
Dans un trou fort coquet de la Comté vit un hobbit nommé Bilbo Sacquet. Comme tous les hobbits, c'est un petit être paisible et respectable qui aime la quiétude de son cher trou. Lorsqu'il entend frapper à sa porte, il ne se doute pas qu'il va ouvrir la porte au magicien Gandalf, accompagné d'une ribambelle de nains barbus lancés sur les traces du trésor de leurs aïeux. Ils l'engagent alors pour pénétrer dans l'antre du grand dragon, Smaug, sous la Montagne Solitaire.
Mais avant cela, ils devront traverser les Terres Solitaires et la forêt de Mirwood, seront capturés par des trolls amateurs de chair humaine, entraînés par les gobelins des Monts Brumeux, englués dans la toile d'une araignée monstrueuse et prisonniers des elfes de la forêt.
Bilbo échappera à tous les dangers cependant et reviendra chez lui, perdu de réputation mais honoré par les nains, les elfes et les magiciens . Cependant, il ne sera plus jamais respectable aux hobbits du voisinage. Mais riche et sage, il rédigera ses Mémoires qu'il intitulera Revenu de loin, vacances d'un hobbit.
Introduction
Lorsque paraît Bilbo Le Hobbit en 1936, on n'imaginait certainement pas qu'il serait le prologue indissociable du Seigneur des Anneaux, roman qui allait conquérir des dizaines de millions de lecteurs sur plusieurs générations et qui deviendra un grand classique de la littérature fantastique moderne.
Pour l'instant, nous nous contenterons d'aller à l'essentiel et nous vous présenterons la création de l'œuvre ainsi que quelques clés de lecture.
La Genèse d'un Mythe
Commencer notre étude sans évoquer le père spirituel de la Terre du Milieu serait une hérésie ! L'histoire personnelle de Tolkien est intimement liée à l'élaboration de son épopée. Le succès rencontré par son œuvre a souvent étonné Tolkien : " Je fais ça pour ma satisfaction personnelle. Je ne pensais pas que d'autres s'intéresseraient à ce travail. C'était au départ une quête linguistique initiée pour fournir un cadre indispensable à l'histoire des langues elfiques. " disait-il. Car c'est bien son amour pour les langues et les mots qui va pousser Tolkien à prendre la plume.
Tolkien est né en 1892 à Bloemfontein en Afrique du Sud, mais à la mort de son père en 1896, sa famille s'installe près de Birmingham. A sept ans, sa mère qui a été son premier professeur, lui a appris à parler le français et le latin, et le jeune garçon s'intéresse vivement aux récits des chevaliers, aux légendes des dragons et aux contes de fées. Tolkien était né pour être philologue, et de fait, il sera un des spécialistes les plus renommés en littérature et langues anciennes.
En 1810, boursier à Oxford, il commence à inventer des langues imaginaires "elfiques". Il rencontre Joseph Wright, érudit en histoire de la langue anglaise et en littérature médiévale et prend alors conscience que l'Angleterre a perdu une part de ses racines et n'a pas de mythologie propre. Certes, il y a bien la légende de Camaalot et du Roi Arthur, mais c'est surtout un salmagondis d'origine française. Seul Beowulf, poème en vieil anglais du VIIème siècle peut prétendre à une ascendance strictement britannique. Cette œuvre, alliée à une excellente connaissance des légendes nordiques sera la base du travail de toute une vie. Un travail ? Ou plutôt une quête littéraire et linguistique ! Après avoir créé plusieurs langues "imaginaires" dotées non seulement d'un vocabulaire et d'une grammaire précise et originale avec des racines et une histoire, il s'attache à créer une mythologie et un univers associé. Un univers si vaste qu'il comprend son propre panthéon, une chronologie très étendue, une géographie et des peuples dynamiques. Aucun œuvre n'a jamais atteint un tel degré de précision et de perfection. Peut-être parce que son créateur a passé toute sa vie à peaufiner son œuvre ?
S'il est reconnu par ses pairs pour son travail sur la littérature anglaise médiévale, et notamment sa traduction de Sire Gauvain et le Chevalier Vert, son travail personnel sur la Terre du Milieu a longtemps été jugé comme inutile ou fantaisiste par ses confrères. Peut-être ne comprenaient-ils pas qu'il redonnait vie aux écrits arides gravés sur la pierre, en réinventant la mythologie et le poème épique et en donnant ainsi ses lettres de noblesse à un genre marginalisé : l'héroïc-fantasy.
Alors qu'il corrige une pile de copie de ses étudiants, il griffonne machinalement le mot "hobbit" dans le coin d'une page. Il va alors développer l'histoire de ses semi-hommes amoureux de la nature et des choses simples, et jetés, malgré eux, au cœur de l'aventure et des problèmes des grandes gens. L'œuvre publiée sous le titre Bilbo The Hobbit en 1936 chez George Allen and Unwin rencontre un immense succès. Encouragé par Stanley Unwin, Tolkien promet une suite à ce merveilleux conte pour enfants. De sa formidable mythologie, il tirera l'histoire du Seigneur des Anneaux. Il travaillera douze ans dessus avant de le faire publier.
Ouverture
Bilbo le Hobbit est un conte plus accessible que le reste de la mythologie de Tolkien. En fait, il est même considéré comme un classique de la littérature fantastique pour les plus jeunes ( 7 - 11 ans )
Au milieu d'une civilisation bouleversée par le choc de la première guerre mondiale, par la crise économique des années 1930 et par l'émergence de nouveaux mouvements littéraires comme le surréalisme ou l'existentialisme, alors que la vie intellectuelle de l'époque traduit de nouveau les doutes et les incertitudes qui sont celles de chacun, Tolkien semble donner une nouvelle couleur à sa mythologie, introduisant une nouvelle race de personnages : les Hobbits. Les Hobbits forment un peuple insouciant et respectable mais certains d'entre eux se retrouvent jetés au milieu des problèmes des hommes, des nains, des elfes et des magiciens. Evidemment, dans une société où la littérature s'engage dans diverses voies pour découvrir ou retrouver des valeurs humanistes perdues, quand un professeur respectable d'une université anglaise réputée publie une œuvre traitant de magiciens et de dragons, les génies auto-proclamés de l'élite culturelle préfèrent ignorer le bouquin. Pourtant, ce roman est loin de correspondre à l'étiquette qu'on a bien voulu lui attribuer.
La Fantasy crée alors un second univers, parallèle au notre, où le mystère et les créatures fantaisistes s'imposent au lecteur comme une évidence, pour finalement forcer le lecteur à réfléchir à ce récit, à trouver ses propres interprétations et à s'en servir pour se forger sa propre moralité. Aucun axe de lecture n'est privilégié plus qu'un autre, le narrateur n'est pas totalement omniscient et se contente de raconter une histoire. A nous de faire le parallèle avec notre vécu et d'en tirer nos propres conclusions.
C'est donc un récit très moral qui laisse toute liberté au lecteur de tirer les leçons qu'il juge bon de tirer. Quand certains avancent que ces récits ne sont que des contes et ne traitent pas de la réalité, ce n'est pas vrai. Dès Bilbo le Hobbit, Tolkien aborde des thèmes comme la pitié avec Bilbo et Gollum, la cupidité avec les dragons et les nains. Et une conclusion superbe : " Si un plus grand nombre d'entre nous préféraient la nourriture, la gaieté et les chansons aux entassements d'or, le monde serait plus rempli de joie."
Finalement, l'œuvre de Tolkien est la seule et unique œuvre moderne qui nous parle de l'Homme et nous propose des valeurs essentielles : le courage, la pitié et l'espoir. On retrouvera ces thèmes développés dans le roman qui fait suite à ce conte : Le Seigneur des Anneaux.
Cependant, Bilbo Le Hobbit est un conte à part dans l'œuvre de Tolkien car l'histoire et la forme sont adaptées aux plus jeunes. On trouvera ici une verve comique omniprésente que l'on ne retrouve pas dans le reste de l'œuvre. Le facétieux Bilbo trouve toujours le moyen de se mettre dans des situations abracadabrantes mais comme dans tout conte, tout finit par des rires et des chansons. La bonne humeur prévaut toujours ! Le courage, la loyauté, la bravoure, l'humour, l'appétit de vivre, les batailles, l'audace et la gloire... Autant d'éléments d'un monde simple où ces vertus suffisent pour s'imposer et faire rêver le jeune lecteur.
© Wyatt